Dimanche 19 mars 2006

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Certains passe-temps sont plus faciles à concilier que d’autres. Ainsi, un passionné de badminton et de cuisine aura beaucoup de mal à assouvir ses deux passions en même temps (à moins de taper dans le volant avec une poêle à frire, et encore…). En ce qui me concerne, je suis un petit veinard, puisqu’une autre de mes grandes occupations, outre le hobby, se trouve être la lecture de bandes dessinées.

Or les bandes dessinées parlant du jeu et des joueurs, sans être légions, sont tout de même bien présentes. On connaît bien entendu les publications de la black library (Malus Darkblade, Hellbrandt Grimm…), qui se passent dans les univers Games Workshop, dont je suis d’ailleurs friand et dont je ferai probablement des chroniques dans quelque temps. On connaît moins, et c’est dommage, les bds parlant des joueurs eux-mêmes. Explication simple : le joueur en tant qu’élément sociologique est peu connu (et donc moqué) en pays gaulois ; à l’inverse, dans les pays anglo-saxons, le personnage du joueur obsessionnel, du rôliste qui vit dans son monde, de l’inconditionnel de star wars se prenant pour un jedi, du fan de superhéros vivant dans un comicshop (cf le « comic book guy » dans les Simpsons) ou du figuriniste qui erre de convention de jeu en convention de jeu, là où le prix du hot dog est aussi fort que l’odeur de transpiration émanant des aisselles des joueurs monomaniaques, est un « type character » (personnage classique, aux traits bien définis).

Bref, ce qu’ils appellent le « nerd », ou « geek », est un personnage récurent dans la filmographie, les séries… et la bd. Ce qui n’est pas le cas en France ; c’est d’autant plus dommage que beaucoup de ces ressources bd-esques sont gratuites, puisqu’elles se trouvent en accès libre sur le net. Je me propose ici de faire un bref tour d’horizon de celles que je préfère. Anglophobes, s’abstenir…

 


    Commençons avec Turn signals on a land raider (« TSOALR » pour les intimes et ceux qui veulent se la péter), qui vaut bien son pesant de cacahuètes (image ci-dessus)… Le postulat de base est simple, et il promet à lui seul de la rigolade à la pelle : et si les figurines de warhammer 40K étaient des entités réelles, pouvant penser, parler… Que diraient-elles ? Vous le découvrirez rapidement en feuilletant cette étonnante bd, qui vous fera rencontrer les nouvelles recrues du chapitre space marines des « emperor’s pointy sticks » (littéralement, « les bâtons pointus de l’empereur ») ; suivez-les dans leurs premières batailles, leur passage à la peinture, leurs rencontres malheureuses avec un môme qui traîne par là et veut toucher ces drôles de petits bonhommes, où leurs déculottées répétées en tournoi. C’est drôle, ça sent très fort le vécu et ça rappelle à chacun des souvenirs de jeu : qui n’a pas chez lui une figurine de space marine « test », où l’on a accumulé tellement de couches de peinture pour essayer différents schémas de couleur qu’elle en est devenue informe ? Qui ne s’est jamais retrouvé face à un adversaire essayant de faire passer un paquet de kinder pour un régiment de lanciers impériaux en prétextant un oubli ? C’est le genre de situations que vous rencontrerez en lisant TSOALR (oui, je suis un intime et je me la pète).
Vous pourrez salir votre beau slip tout propre en faisant pipi de rire si vous osez cliquer ici
 

Continuons avec mon chouchou, j’ai nommé Golden Throne. Alors là, ça rigole, ça rigole, et en plus ça rigole noir. Eh oui, Golden Throne, c’est très très très politiquement incorrect… A tel point que l’auteur a eu, à l’en croire, quelques problèmes avec Games Workshop, compagnie avec laquelle il n’est pas particulièrement tendre, il faut bien l’avouer. Mais c’est si drôle… Golden Throne, ce sont des planches racontant la plupart du temps la vie d’un jeune « key timer » (étudiant travaillant à temps partiel) dans un magasin rouge. Looser absolu, nul avec les filles, dépensant tout son argent en figurines et en glu (et pas seulement pour coller des figurines…), notre gaillard est à la fois pathétique et extrêmement drôle. La planche que je vous montre en extrait est assez révélatrice de ce qu’est la bd, à la fois critique, caustique, caricaturale… En un mot : drôle.
Vous pourrez rire très fort et ainsi faire croire à vos voisins du dessus que vous avez une vie sociale en cliquant ici

A noter que le même auteur dessine une autre bande dessinée, concernant les spaces wolves ; n’en ayant lu que quelques planches, je ne me prononcerai pas, mais c’est de toute façons moins corrosif que Golden Throne… Jetez-y un coup d’œil tout de même…
Vous pourrez pouffer de rire, mais moins fort quand même, vous allez réveiller votre grand-mère en cliquant ici 


Passons maintenant, si vous le voulez bien, à quelque chose d’un peu plus connu. Dork Tower, c’est THE grand classique de la bd sur les gamers. Son auteur, John Kovalic, est extrêmement connu outre atlantique, outre manche et même ailleurs, puisque son œuvre a été traduite dans de multiples langues, dont le français, pour une partie en tous cas. Si vous achetez la version papier (et même si vous consultez le web), je ne saurais que trop vous conseiller la vo, 10 000 fois plus drôle que toutes les traductions du monde. Oui, je sais, c’est facile à dire, oui, je sais, les allusions et les blagues ne sont pas toujours faciles à saisir, mais faites-vous violence, l’effort en vaut vraiment la chandelle, et bosser votre anglais ne vous fera pas de mal anyway

Bref, Dork Tower, c’est les aventures d’un petit groupe de joueurs invétérés, soit :

-Un monsieur je-sais-tout connaissant toutes les règles d’un nombre incalculable de jeux sur le bout des ongles, et qui peut réciter n’importe quel scène de star wars ou citer les personnages secondaires de tous les épisodes de star trek.

-Une victime de la fièvre acheteuse du joueur. Le « FBDM » (« fanboy de merde », copyright French Waagh) dans toute sa splendeur. Sa phrase préférée : « It must be mine ! » (« Je dois l’avoir ! »), qu’il prononce à peu près à chaque fois qu’un nouveau jeu/supplément/goodie sort. L’homme qui a acheté les rognures d’ongle de Peter Jackson 2 000 dollars sur internet, c’était probablement lui. Excessif ? A peine. Après tout, aller voir le seigneur des anneaux une douzaine de fois de suite sans sortir du cinéma est sans doute un rite initiatique répandu chez les fanboys.

-Un maître de jeu tiraillé entre sa passion du jeu et son envie d’avoir une vie normale, si possible avec relations sexuelles. Deux exigences parfois difficiles à concilier, comme il s’en rend souvent compte…

-Un rat musqué (si, si).

Vous retrouverez , au détour d’une ou l’autre planche, quelques citations devenues cultes dans les milieux autorisés, entre autres:

« I waste him with my crossbow ! » (“Je l’explose avec mon arbalète”)

“Hey Marcia, come and see the satanists!” (“Eh Marcia, viens voir, des satanistes!)

etc, etc, etc...

Du très très bon, et en ce domaine, Kovalic était un précurseur.

Vous pourrez lancer des “mdr ptdr ROFL!!! » à vos potes sur msn tout en lisant si vous cliquez sur ce lien 

Dans le même genre, les Knights of the Dinner Table (chevaliers de la table du salon) sont un incontournable. Le trait est un peu moins fin mais les dialogues sont tout aussi truculents. On prend les mêmes et on recommence : un autre groupe de joueurs, une autre ville, mais des situations toujours aussi cocasses, des personnages toujours aussi extrêmes dans leur passion et toujours aussi gentiment pathétiques. La bande dessinée papier commence à sortir en français d’après ce que j’ai pu voir, mais encore une fois, la vo, blablabla, faites un p’tit effort, gnagnagna, et comment je fais moi alors, yadayadayada… (je sais, je suis un chieur moraliste de merde, mais enfin…).
Vous pourrez vous étouffer de rire si vous avez le malheur de manger un bretzel tout en lisant ce que vous trouverez en cliquant sur ce lien
(n.b: le lien vous dirige vers la version animée de KOTDT)

 

Enfin, plus sobre mais très fin, Larry Leadhead (image ci-dessus) parlera sûrement, plus que toutes les bds susmentionnées, aux joueurs ayant bien dépassé la trentaine et qui doivent concilier Le fameux WAF (Wife Acceptance Factor) n’est pas un mythe, Larry Leadhead (traduisez « Larry tête de plomb ») s’en rend compte chaque jour. Wargamer devant l’éternel, collectionneur sans limites, il a, comme tout joueur qui se respecte, assez de plomb pour construire un porte-avions, et plus de figurines que sa descendance sur 12 générations ne pourra jamais en peindre. Membre d’un club de jeu aux personnages hauts en couleur, Larry nous fait réfléchir, avec un peu de recul et beaucoup d’humour, à nos pratiques de figurinistes un peu zinzins.
Vous pourrez ricaner bêtement en vous reconnaissant un peu en cliquant ici

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Samedi 11 mars 2006

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Cette FaQ informelle se veut un moyen simple de répondre à des questions que les gens découvrant warhammer se posent fréquemment, tout en se défoulant gentiment sur des remarques que les joueurs se prennent constamment dans la tronche avec le sourire (ou pas). Que le nouveau venu dans le hobby ou la personne n’y connaissant absolument rien ne se sentent aucunement offensés, il s’agit juste d’un mini-défouloir à but utile.

 

Ils sont jolis tes petits bonhommes, c’est toi qui les as peints ?
Absolument, ce sont des figurines pour warhammer battle, un jeu de stratégie.


Tu veux dire que tu joues avec ?

Oui.


Mais tu as 22 ans…

Et je t’emmerde.


Mais alors, Warhammer, qu’est-ce que c’est ?

C’est un jeu, un univers et, d’une manière générale, un hobby. Mais comme je ne me suis pas amusé à écrire un article d’introduction entier pour des cacahuètes, tu seras gentil d’aller voir ici
pour plus de précisions…


Je viens de lire ton extraordinaire article d’introduction, qui m’a ébloui de sagesse…

Merci.


… Et je me posais une question : combien ça coûte les warhammers ?

On ne dit pas « les » warhammer : il ne s’agit pas de playmobils ou de fraises tagada, et on dit « des figurines pour warhammer » si l’on ne veut pas qu’une bande de gamers hargneux incendie sa maison en criant leur haine.


Ah, je comprends, mais alors ça coûte cher de jouer aux warhammers ?

(Soupir) Oui, c’est une passion assez coûteuse, mais quand on réfléchit bien, on ne dépense pas plus qu’un passionné de jeux vidéos par exemple... Et je ne parlerai même pas des buveurs de kro lobotomisés qui dépensent un smic tous les mois pour tuner leur pot de yaourt en fausse Porsche… Enfin bref, comme tout hobby, ça coûte cher, mais ça vaut le coup quand on aime ça : que serait la vie sans une passion dans laquelle s’investir ?


Quand vous faites une bataille, c’est celui qui a le plus de figurines qui gagne ?

Ah non, sinon ce serait un peu simple… En fait, chaque joueur dispose d’un nombre de points fixé à l’avance (1000/1500/2000…) et pioche dans les unités disponibles selon son armée, chacune d’entre elles ayant un coût en points spécifique. Ainsi, ce n’est pas celui qui a la plus grosse (armée) qui l’emporte, mais celui qui joue le mieux avec le nombre de points imparti.


Combien de temps dure une partie ?

Comme en d’autres activités, d’aucuns affirment que la durée du plaisir de jeu est proportionnelle à la taille… de l’armée… et à la rapidité des participants également, pour continuer à filer une métaphore d’un goût douteux. D’une manière générale, en tournoi, on dispose d’environ deux heures pour une bataille de 1500pts et de trois heures à 2000pts. Bien sûr, ce temps ne comprend pas l’écriture des listes ou la préparation de la table de jeu, qui sont une activité préliminaire à la partie elle-même !


Et on est obligé de jouer avec des figurines peintes ?

Non, mais c’est quand même plus sympa… Aujourd’hui, la grande majorité des tournois obligent les joueurs à amener des armées entièrement peintes, ce qui augmente grandement le plaisir de jeu : entre jouer face à une armée de post-it, de legos et de hauts elfes sous-couchés représentant des dryades et des gardes éternels, ou jouer face aux ogres orientaux de Bruno Grelier (l’un des meilleurs peintres français), le choix est vite fait.


Tu parles de « tournois » ; qu’entends-tu par là ?

Depuis bien des années maintenant, il existe un circuit de rencontres dans toute la France, de tailles diverses, avec des règlements fluctuants et des réputations plus ou moins prestigieuses. Parmi les plus reconnus, on citera le tournoi de Nantes, celui de Chambéry ou encore le Grand Tournoi d’Aix en Provence, qui rassemblent plus de 100 joueurs pendant deux jours. Petites ou grosses manifs sont toujours de bonnes occasions de rencontrer de nouveaux joueurs, de voir de belles armées et, plus généralement, de bien s’amuser pendant un week-end à pousser du plomb.


Des week-ends à tournoyer… Je comprends mieux pourquoi on dit que vous les joueurs, n’avez aucune vie sociale, pas de copine, rien !

Absolument. Et n’oublions pas les sacrifices humains tri-hebdomadaires en l’honneur de Slaanesh !
En tant que joueur, ma dernière sortie au cinéma date d’il y a dix ans, ce qui doit être à peu près l’époque où j’ai pris mon dernier shampoing. Forcément, du coup, il est difficile d’avoir une relation amoureuse classique. D’ailleurs les joueurs se reproduisent entre eux, ce qui est fort malaisé puisque 99,9% de la population warhammerienne est composée de mâles. Même si les réglettes GW rouges ont fait beaucoup pour la cause des désespérés libidineux que nous sommes, nous avons encore beaucoup de mal à connaître l’amour au sens traditionnel du terme, mais le salut est proche, et Sigmar veille sur nous.
De toute façon, le grand maître de l’ordre warhammerien nous interdit toute relation avec des non-joueurs et préconise trois prières quotidiennes à Sigmar et des ablutions avec de l’eau bénite par lui-même, Sa Sainteté Gaouine, loremaster, seigneur adoré et protecteur des fanatiques que nous sommes.


Je débute et je voudrais savoir quelle est l’armée la plus forte pour dégoûter mes petits voisins du jeu ; peux-tu m’aider, ô grand sage ?

Non.


Allez, sois sympa, je te donnerai des pepitos en échange ! Et peut-être même des kinder !

Ok. Alors pour ta gouverne, il n’y a pas une « super armée » plus forte que toutes les autres, ce serait un peu facile. Ce qui ne veut pas dire que les différentes listes sont équilibrées, bien au contraire : certaines armées sont considérées comme plus « fortes » que les autres, en ce sens qu’elles permettent plus d’erreurs, sont plus faciles à manier que les autres et/ou disposent d’unités particulièrement fiables et rentables. On pense en particulier aux skavens, avec leurs esclaves et guerriers des clans donnés, leur vile magie et les sympathiques machines du clan skryre. Ou encore les hommes lézards avec leurs petites teignes visqueuses que sont les skinks, les comtes vampires dont les hordes de chair rampantes sont soutenues par une magie non-négligeable etc etc… A l’inverse, certaines armées sont particulièrement peu gâtées par les concepteurs et ne peuvent qu’attendre la V7 de warhammer en se faisant rouler dessus en souriant ; la vie d’elfe noir est parfois bien cruelle…
Note bien qu’une armée n’a pas besoin d’être überforte pour être chiante ; exemple simple : une armée composée uniquement d’unités d’archers hauts elfes est non seulement sans intérêt pour l’un ou l’autre des joueurs, mais en plus, complètement nullasse.


Mais alors si je joue avec mes skavens sous couchés composés à 1500pts de 3 régiments de GdC avec ratata, 2 technos, 2 unités de jezzails, des nuées et des esclaves, je vais sûrement gagner face à mon pote Dylan, ce gros naze qui joue full piétons elfe noir, hinhin ?

Oui, mais en représailles, il risque de torturer ton hamster. Est-ce vraiment ce que tu souhaites ?


Mon grand frère m’a dit qu’il allait m’atomiser avec un chaos full magie mené par un duc du changement, que dois-je faire ?

Sur du 10+, le sort « grippe aviaire », furieusement tendance ces derniers temps, devrait faire l’affaire.


Qui c’est le plus fort, Valten ou Archaon ?

Archaon, parce qu’il est troforre, évidemment.

Aucun débutant n’a été blessé durant l’écriture et la publication de cet article. Ou presque.

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